Postuler, ça fait partie du métier

Mon premier CV, c'était un CV classique. Pas de mots-clés, pas de projets mis en avant, rien qui parle à un ATS. Résultat : 60 candidatures, presque aucune réponse.

Sur le peu de retours que j'ai eus, un test technique. Je ne m'y étais pas préparé. Le format, le contenu, le timing — tout m'a pris de court. Je l'ai loupé.

Avant de refaire le CV, j'ai pris 3 à 4 mois pour construire des projets perso. Apprendre les technos liées au poste que je visais — Docker, Terraform, Ansible, CI/CD — et les pratiquer sur des cas concrets. C'est ces projets qui m'ont donné de la matière à mettre en avant, et surtout les bons mots-clés pour que le CV passe les filtres automatiques.

Le changement a été immédiat. Sur les candidatures suivantes, 50% de réponses. Et sur ces réponses, la moitié étaient réellement intéressées. Le CV faisait enfin son travail.

Trouver l'entretien

Même avec un meilleur CV, trouver un entretien prend du temps. Quelques semaines de démarches, des relances sur LinkedIn, des messages à des gens que je ne connaissais pas. Pas de réseau dans le milieu, pas de référence, pas de piston.

Et puis Criteo a répondu. Une candidature sur LinkedIn, parmi plus de 180 postulants. Pas de referral, je ne connaissais personne là-bas. Juste un CV qui a fait la différence.

10 jours pour apprendre

L'entretien était technique : algorithmie, en Python. Deux problèmes — je n'avais jamais fait d'algo sérieusement, et je ne connaissais pas Python. Oui, les deux en même temps.

J'ai pris 10 jours pour apprendre les deux en parallèle. La syntaxe Python, les structures de données, les patterns classiques — tri, recherche, récursion. Intense, mais c'est le genre de sprint que 42 t'apprend à faire.

Est-ce que 10 jours suffisent ? Non. Mais je n'allais pas laisser passer l'opportunité sans essayer.

L'entretien

Jour J. Visio, partage d'écran de mon côté. Et en face — pas de caméra, pas de visage. Juste du code à l'écran. Je ne sais même pas si quelqu'un est là.

Résultat : je n'explique pas mon raisonnement. Comment expliquer ta logique quand tu ne sais pas si quelqu'un écoute ? Pas de réaction, pas de signe, pas de feedback. J'écris du code dans le silence.

Les questions : plusieurs programmes entiers en Python, des problèmes d'algorithmie à résoudre en live. Rien qui touche au DevOps, au Cloud, à l'infrastructure. Le poste était SRE. Le test, c'était de l'algo pure.

Pour quelqu'un dont la force c'est d'expliquer comment il réfléchit, de montrer sa curiosité, de contextualiser ses choix — c'est le pire format possible. Je ne dis pas que c'est un mauvais process. Il correspond à ce que Criteo cherche. Mais il y a un décalage entre ce que ce type d'entretien mesure et ce que j'ai à offrir. Et ce décalage, c'est pas une question de préparation — c'est simplement un format qui ne me correspond pas.

Rater un entretien, ce n'est pas rater tout court. C'est un feedback sur ce qu'il faut travailler — et sur ce qu'il faut mieux cibler.

Ce que j'en ai tiré

M'améliorer en code. L'algo n'est pas ma force, mais c'est une faiblesse que je peux réduire. Depuis cet entretien, j'essaye de pratiquer plus régulièrement, je travaille la logique, je me pousse à résoudre des problèmes. Pas pour devenir un crack de LeetCode — mais pour ne plus être bloqué quand ça tombe.

Mieux cibler. Toutes les entreprises ne recrutent pas de la même manière. Certaines ne jurent que par l'algo. D'autres évaluent le raisonnement, les projets, la capacité à apprendre, le parcours. Criteo m'a fait comprendre que je devais chercher des boîtes dont le process me laisse une chance de montrer ce que je sais vraiment faire — pas juste ce que je code en 45 minutes.

La suite

Rater un entretien, c'est un feedback. Ça m'a poussé à bosser des choses que j'aurais continué à éviter, et à réfléchir à ce que je cherchais vraiment.

La suite, c'est un entretien où le format a matché — mais ça, c'est une autre histoire.